Destin ou nécessités naturelles, tout observateur des mouvements migratoires sera curieusement surpris de constater que la commune de Grand-Popo aura eu la particularité de créer de nombreux villages, cités ou entités Xwla dans plusieurs communes du Bénin et dans beaucoup de pays africains notamment de l’Ouest et de l’Est.

Ce phénomène aux conséquences néfastes s’explique par l’histoire des migrations des peuples au cours des guerres qui remontent au XVe siècle et par la nature de l’actualité principale de la commune socioculturelle de Grand-Popo. Les Xwla ou les Popo pratiquent l’activité de pêche, le canotage et la navigation.

On relèvera en ce qui concerne l’histoire des migrations des peuples pour faits de guerre que les vicissitudes, les aléas et les turbulences de l’histoire ont fait déplacer massivement le Xwla de Grand-Popo à Xwlacomè (Godomey) dans la commune d’Abomey-Calavi, Ahouansoli-Agué dans le littoral ; Sekandji, Tchonvi, Agblangandan, Djèffa, Ekpè, Kétonou etc. dans la commune de Sèmè-Kpodji et la liste n’est pas exhaustive dans ce domaine.

A la fin du XIXe siècle, à la faveur de la suppression de l’important port forain de Grand-Popo au profit du Wharf de Cotonou par l’Administration Coloniale, de nombreux canotiers recrutés à Grand-Popo ont créé le quartier Xwlacodji, grossi par des Xwla appelés par leurs frères Xwla.

La pêche est l’activité principale à Grand-Popo, cette presqu’île entre l’Océan, le fleuve Mono et la lagune. Les poissons se sont faits de plus en plus rare parce que le lit du fleuve a été comblé.

A la recherche d’eaux plus poissonneuses et de terres plus fertiles, les Xwla, hommes des eaux par excellence (eau de mer pour la pêche et le canotage, eau continentale pour la pêche en eau douce et pour la navigation) ont aussi migré de manière massive vers plusieurs horizons.

Au Bénin, l’arrondissement d’Avlo dans la commune de Grand-Popo s’est particulièrement illustré dans la création des villages ou cités Xwla ou Popo.

Dans ce domaine, on peut citer entre autres : Kpohoué-Plage, Avlékété-Plage, Ahloboué-Plage, Ahouangagbé-Plage, Adounko-Plage et Djacko-Plage.

Phénomène curieux, ces communautés qui sont devenues à travers les âges, pour la plupart, des propriétaires terriens (cocoteraies, palmeraies et autres champs) ont systématiquement rejeté l’assimilation avec les autochtones. Pour la majorité, ces cités sont seulement des terres d’accueil car, comme tout Xwla ou Popo, ils restent fortement attachés à leur terre d’origine, Grand-Popo. Cette situation explique les nombreux déplacements, entre ces cités et Grand-Popo, souvent pour des visites aux membres de la famille restés au pays sur la terre des ancêtres.

Hors du Bénin, les communautés Xwla ont créé de nombreuses cités ou colonies Popo dans plusieurs pays de la sous-région (Nigéria, Cameroun, Gabon, Congo, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal etc.).

Il n’est donc pas étonnant que dans ces pays notamment au Cameroun, au Gabon et au Congo, les ressortissants des pays de l’Afrique de l’Ouest quelle que soit leur branche d’activités sont appelés sous le nom générique de « Popo ». Ce dépeuplement massif des bras valides de la commune de Grand-Popo, phénomène surtout lié à l’activité de pêche, mérite d’être sérieusement réétudié et des solutions idoines quoique coûteuse doivent être apportées si l’on ne veut pas assister à la mort lente et imminente de beaucoup de villages de pêcheurs de la commune de Grand-Popo.

Ces solutions sont, depuis longtemps, connues. Ce qui manque, c’est la volonté politique au niveau de l’état central. On peut à toutes fins utiles encore les rappeler :

  • La revue et correction des aspects néfastes du projet du barrage de NAGBETO ;
  • La lutte contre l’injection du phosphate du Togo dans les eaux maritimes ;
  • L’assainissement des berges des fleuves ;
  • Le dragage et le désenvasement des lagunes et des fleuves ;
  • L’implantation d’un port de pêche à Grand-Popo pour désengorger Cotonou etc.

« Aux grands maux, les grands remèdes »

Liste des Rois Xwla ayant régné

  1. TANTIN VAKOU qui s’est nommé AHO a été couronné à Tado. Il a régné au pays de Djèkin ou (jakin) entre Allada et Calavi.

 

  1. METO-DAGBA, fils de TANTIN VAKOU a été couronné lui aussi à Tado et régné à Djèkin.

 

  1. METO-AHOUSSAN fils de METO-DAGBA fut couronné lui aussi à Tado et a régné à Djèkin parce que comme ses prédécesseurs y percevaient des droits de passages sur les colonnes d’esclaves que le roi d’Abomey convoyait au Chacha de Ouidah pour expédition aux Amériques, le roi AGADJA d’Abomey livra une guerre sans merci au roi METO-AHOUSSAN installé à Djekin. Ce dernier a dû évacuer Djekin pour se rendre dans le Mono à l’Ouest. Il s’installe d’abord à AGONMESSEVA. Hanté par l’insécurité, il dû quitter AGONMESSEVA pour se rendre à ADHAME (Adamè), sa deuxième étape. De ce lieu, il envoya une équipe de sa suite à la recherche d’un endroit plus sécurisant. C’est ainsi qu’on découvrit la presqu’île d’Agbannakin entre le fleuve Mono et son bras très profond dans lequel gitent des hippopotames. Le Roi METO-AHOUSSAN très content décide de s’installer sur la presqu’ile bien sécurisée en déclarant que plus rien ne saurait le déloger de cet endroit qu’il baptise Agbannakin, nom qu’il explique en disant « pour réussir à le faire partir de là KADJAN-NANDHA AGBANNANKAN ». C’est lui qui a engendré HOUESSOU AGBO, chef de guerre redoutable et redouté dans tout le royaume depuis AHODINNOU à l’Est jusqu’à SEHOUNTCHE à l’Ouest au bord de la Volta au Ghana.  METO-AHOUSSAN a eu pour successeurs dans l’ordre :
  2. METO-HON.
  3. METO-TOFFA.
  4. METO-HOUEYO.
  5. METO-ALIFFA.
  6. METO-YEGUE.
  7. GNAMLIN

A partir de GNAMLIN, le royaume n’a connu que des régents. L’un des tous premiers, DJOHOUNDO, négociateur et signataire du traité de protectorat avec la France.

  1. METO-AHOUSSAN VIII, l’actuel roi, né GBEDEMON Clément. Il a été intronisé à AGBANNAKIN par une délégation du roi ADJA TAMABOU de Tado le 03 novembre 1990. C’est le prince régnant à ce jour. Le prince KOCOU-KLEKETCHE a représenté le roi METO-AHOUSSAN d’Agbannakin à Hêvè. Hêvè est un avant-poste de défense du royaume Xwla contre l’envahisseur Fon. On remarqua également que Hêvè stratégiquement est situé sur une presqu’ile à DOTONOU. L’efficacité de cette position est démontrée par la capture des deux chefs de guerre fon notamment KPOSSOU et GAHOU du royaume d’Abomey lors de leur tentative d’envahissement.

 

 

 

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